Les Journées de l’arbitrage La Poste sont l’occasion de mieux faire comprendre le rôle de l’arbitre. En quoi sont-elles importantes aussi bien pour les acteurs que pour les spectateurs ?
L’arbitre est au cœur du football en étant le garant des règles. Il est très important de sensibiliser les jeunes générations au métier d’arbitre pour tenter de les recruter et de les fidéliser. Depuis plusieurs années, on s’est aperçu qu’on manquait d’arbitres et les programmes proposés sont exceptionnels. Il est important d’inculquer le métier aux spectateurs comme aux acteurs car il est vraiment difficile.
Quel regard portez-vous sur la mise en place d’échanges entre la direction de l’arbitrage et les clubs ces dernières saisons ?
Il est primordial que tous les acteurs échangent. C’est une très bonne chose que des arbitres partagent leur expérience au sein des clubs. À tous les niveaux, il est toujours important que tout le monde comprenne le rôle de l’arbitre. Les joueurs apprennent à tout âge et je pense que certains professionnels ne connaissent pas certaines règles, donc des piqûres de rappel sont nécessaires.
Auriez-vous aimé avoir ce genre d’échanges à votre époque ?
Oui ! En tant que joueur, on a notre objectif principal, mais on ne pense pas à celui du corps arbitral. Je ne pense qu’à mon métier et c’est pareil pour l’arbitre. C’est pour cela que la tendance qu’on observe ces dernières années, avec la multiplication des échanges entre les arbitres et les joueurs, est très intéressante. Tout le monde se comprend mieux !
Ce dialogue permet-il de rapprocher les arbitres et les joueurs sur la vision du football et du jeu ?
Totalement ! Ce n’est pas propre qu’au football, c’est la même chose pour le rugby ou le basket. D’ailleurs, je pense que la sonorisation qu’on voit dans certains sports pour expliquer les interventions arbitrales doit s’inscrire dans cette tendance. Tout le monde entend, il n’y a plus de questionnement ni de discussion possible.
Avez-vous le sentiment que les arbitres comprennent mieux le jeu que par le passé ?
Je crois qu’ils ont changé leur manière de voir certaines subtilités. Par exemple, ils savent qu’un joueur qui simule, il ne le fait pas contre l’arbitrage. Il simule car c’est un acte de jeu qui peut aider son équipe à gagner. Les arbitres l’ont compris grâce à tous les échanges instaurés au fil du temps.
Vous estimez donc que la communication entre les joueurs et les arbitres a évolué positivement…
Largement ! Avec la génération d’aujourd’hui tout va très vite, il fallait que la communication suive et soit claire. Les joueurs et les clubs se doivent d’avoir un apprentissage par rapport au métier d’arbitre. L’arbitre est crucial et tout le monde doit en avoir conscience.
Autre preuve de ce rapprochement, Mickaël Landreau a été nommé comme conseiller sportif pour la préparation tactique et technique des arbitres à la direction de l’arbitrage. Qu’en pensez-vous ?
Il est important d’utiliser l’expertise des personnes qui ont été professionnelles pour avoir une meilleure compréhension des uns et des autres. C’est en effet quelque chose qui s’inscrit dans la continuité du rapprochement de toutes les parties. Les arbitres et les joueurs évoluent dans le même environnement : les joueurs ont pour rôle de sublimer le jeu, et pour cela, il faut sublimer l’arbitrage. Les deux sont là pour garantir du beau jeu.
Au cours de votre carrière, comment avez-vous évolué avec l’expérience par rapport à l’arbitrage et aux décisions ?
J’ai eu une mésaventure qui m’a marqué et j’ai par la suite tout fait pour respecter l’arbitrage. Mon rêve était de jouer au foot et quand tu te retrouves suspendu pendant six mois (bousculade avec l’arbitre), même si cela a été réduit à trois mois, tu as le temps de réfléchir. A partir de ce moment-là, l’arbitre est devenu plus que tout à mes yeux.
Comment aviez-vous vécu cette période sans jouer ?
Bien ! J’ai été puni mais, avec le recul, cela m’a permis d’apprendre à grandir en tant qu’humain mais aussi en tant que joueur. Quand tu vois les autres jouer et que toi tu ne peux que t’entraîner, c’est difficile mais ça m’a permis de me rapprocher du métier d’arbitre.
Cela vous a-t-il conduit à changer des choses dans votre jeu ou dans votre comportement sur le terrain ?
Bien sûr ! Cela a impacté ma carrière. Je faisais beaucoup plus attention à mes gestes et au respect de l’adversaire et des arbitres.