Un défi immense pour les trois derniers ? A 13 journées de la fin de la saison, l’AJ Auxerre, le FC Nantes et le FC Metz sont bien mal embarqués dans leur opération maintien. Seizièmes et actuels barragistes, les Auxerrois pointent à huit longueurs du Paris FC, 15e. Avec le même total de points mais une moins bonne différence de buts, les Nantais ont reculé à la 17e place après leur défaite face à l’OL samedi dernier. Lanterne rouge depuis la 15e journée, le FC Metz, de son côté, ne parvient pas à redécoller et compte désormais neuf longueurs de retard sur le premier non-relégable. La tâche apparaît donc ardue pour ces trois habitués de la Ligue 1 McDonald’s, la performance serait même historique si l’on se fie aux statistiques de ces trois dernières décennies.
Mettons fin au suspense d'entrée : combler un tel écart sous l’ère de la victoire à trois points serait une grande première. En effet, depuis 1994/95, aucune équipe comptant plus de six points de retard sur le premier non-relégable à 13 matchs de la fin d'une saison de Ligue 1 McDonald’s n'a réussi à rester dans l'élite. Parmi les « remontadas » les plus marquantes, le Toulouse FC de Yann Bodiger et Pascal Dupraz (2015/16), le FC Sochaux-Montbéliard (2007/08) et le Montpellier Hérault SC (2002/03) sont parvenus à se maintenir malgré un retard de 6 points sur le premier non-relégable à ce moment de la saison. Juste derrière, le Stade Rennais version 1997/98 avait de son côté sauvé sa place dans l’élite malgré un retard de 5 points.

Avec un matelas de points appréciable (8 points et +), le Havre AC, l’OGC Nice et le Paris FC sont bien placés, même s’ils doivent bien entendu rester particulièrement vigilants. Mais une statistique peut rendre leurs fans optimistes : aucune équipe n’a été reléguée avec une telle avance sous l’ère de la victoire à trois points. Le plus gros écart dilapidé par une équipe à 13 matchs de la fin d'une saison de Ligue 1 McDonald’s depuis 1994/95 est de cinq points. Le RC Strasbourg Alsace en 2007/08 (championnat à 20 clubs) et l’AS Saint-Etienne en 2000/01 (championnat à 18 clubs) étaient ainsi descendus en Ligue 2 BKT malgré cinq points d'avance sur le premier relégable à ce stade de la saison.
Un troisième cas de figure s’approche de ces deux descentes. Le Stade de Reims version 2024/25 est également descendu à l’échelon inférieur malgré un matelas de cinq points sur le premier relégable. Mais le SdR avait terminé 16e et barragiste, position sur laquelle il avait quatre points d'avance après 21 matchs.
Mais tant que la cloche n’a pas sonné, l’espoir est toujours permis pour les trois derniers du classement. Dans un championnat à 18, l’AS Saint-Etienne 2000/01 est ainsi descendue avec un total de 27 points à la 21e journée. L’AS Nancy Lorraine 1999/00 a quant à elle échoué dans sa mission sauvetage malgré un total de 26 unités après 21 journées et l’EA Guingamp 1997/98 avec 24 points au même stade de la saison. Alors certes, ces trois exemples sont les relégués avec les totaux de points les plus élevés à la J21 depuis 1994/95, mais ils montrent que même le Stade Brestois 29, actuel 12e avec 26 points, doit se méfier. Et concernant l’AJA, le FC Nantes et le FC Metz, ils ont en outre une chance de plus de se maintenir par rapport à ces anciennes équipes avec la place de barragiste, qui offre désormais au 16e une occasion de plus de sauvegarder sa place dans l’élite.

Un maintien ferait tout de même entrer l’une de ces trois équipes dans l’histoire récente de la Ligue 1 McDonald’s. Les prédictions d’Opta concernant le classement final le montrent bien. A 13 journées de la fin, le FC Metz a 77,5% de chances de terminer à l’une des deux dernières places, 16,3% de finir barragiste et seulement 6,2% de se maintenir. De son côté, le FC Nantes a 68,9% de chances de finir 17e ou 18e, 22,2% de finir barragiste et 8,9% de sauver sa place dans l’élite. Pour l’AJ Auxerre, ces chiffres sont un peu plus favorables avec 46% de chances de terminer parmi les deux derniers, 34,1% de finir barragiste et 19,9% de se maintenir.
Mais le football l’a déjà montré en de multiples occasions, il est loin d’être une science exacte. Aux audacieux de saisir leur chance et de faire mentir les chiffres !
