Pour la 2e fois de l'histoire, un Classique a été reporté en Ligue 1 McDonald's. Initialement prévu à ce dimanche à 20h45, le OM-PSG de la J5 a été reporté à lundi (20h), conformément au règlement des compétitions prévoyant de la faire jouer au lendemain.
En décembre 2019, une alerte rouge pluie-inondation avait déjà conduit par anticipation au report d'un autre match du club parisien, cette fois à l'AS Monaco. Un cas à retrouver plus bas parmi les différents motifs imposant des reports.
La grippe A
Le premier report d'un Classique est intervenu en 2009/2010, une des saisons dont le calendrier a été le plus modifié par les reports. Et particulièrement pour l’OM, notamment amené à disputer sept journées au mois d’avril.
Ainsi, outre les aménagements pour les « Européens », dont les Marseillais, la commission des Compétitions de la LFP avait décidé de reporter le match Marseille-Paris SG, du dimanche 25 octobre 2009 (J10), après la découverte d'un 3e cas de grippe A (H1N1) dans le groupe du PSG (Clément, Giuly et Sakho). Une décision prise « à la suite de la recommandation formelle de la commission d'experts médicaux ». Une décision intervenue 12h30 le jour même de la rencontre, à laquelle s’était ajoutée la recommandation « de placer les joueurs et l'encadrement du PSG en isolement pendant les 72 heures à venir ». Ce report a été une première dans le football français.
Cette saison 2009/2010 a été marquée par de nombreux autres aménagements pour la priorité européenne.
L’OL, Bordeaux et l’OM en ont tous bénéficiés. En avril, les Lyonnais avaient pu se concentrer sur leur demi-finale contre le Bayern avec un choc contre Monaco reporté entre les deux dernières journées de la saison, après avoir déjà vu son match contre Boulogne être reprogrammé en décembre une fois la phase de groupes de LDC terminée.
Une volonté qui a pu complexifier la lecture du calendrier des clubs. Comme celui de l’OM lors de cette saison 2009/2010, pourtant marquée par le titre olympien. Ainsi, les matchs des Marseillais des 10e, 11e, 14e et 30e journées ont été reportés, conduisant les deux confrontations face au FC Sochaux à se disputer à seulement 7 jours d’intervalle, les 7 et 14 avril 2010. Un record.
La programmation rapprochée des 2 matchs a permis non seulement de donner de la lisibilité au championnat mais aussi de participer à sa régularité. Ainsi à 6 journées de la fin du championnat, les clubs de Marseille et Sochaux ne compotaient plus de matchs en retard.
La même saison, Bordeaux – quart de finaliste de la LDC – avait obtenu le report des ses matchs des J25 et J26 pour préparer son 8e de finale aller. Avant comme l’OM de voir sa rencontre de la J30 être mécaniquement décalée en raison de sa qualification pour la finale de la Coupe de la Ligue.
En effet, le calendrier général des compétitions plaçant la finale de cette compétition pendant une journée de championnat faisait que les clubs finalistes voyaient leur match de Ligue 1 McDonald’s être décalé. A cette occasion, le match des Bordelais l’avait été d’un mois pour cause de quart de finale européen contre l’OL, quand il était habituellement de quelques jours.
Favoriser les BleUS
Toujours cette fameuse saison 2009/2010 avec un autre cas unique. Celui décidé par le Conseil Fédéral de la FFF de reporter l’ensemble de la 11e journée de Ligue 1 McDonald’s (28 octobre), afin de favoriser la préparation des Bleus en vue de la participation de l'Equipe de France aux barrages de qualifications à la Coupe du Monde 2010 quinze jours plus tard.
Le Covid
LOSC-Lorient, OM-Saint-Etienne, Montpellier-Troyes, OM-RC Lens, Angers-Saint-Etienne, RC Lens-FC Nantes…Plusieurs rencontres de la saison 2020/21 et également de la saison 2021/2022 ont été reportées en raison du Covid.
Selon le protocole sanitaire de la LFP, une rencontre devait être reportée si au sein d’une équipe moins de 20 joueurs sur une liste de 30 sont négatifs.
Constatant généralement « l'indisponibilité certaine de plus de 10 joueurs sur la liste des 30 joueurs pour cause de tests RT-PCR positifs », la LFP a acté le report de nombreuses rencontres, après avis de la commission nationale COVID FFF.

Les mauvaises conditions météorologiques
Fortes Pluies, tempêtes, gros coups de vent, mais aussi neige, gel ou même brouillard sont autant de motifs pouvant entraîner le report d’une rencontre. Si les conditions le permettent, le règlement prévoit un report au lendemain, comme cela a été décidé pour le Classique de la 5e journée de Ligue 1 McDonald's ou plus anciennement lors du Nice-OL de mai 2013 (J37).
Des décisions pour anticiper les risques avaient déjà été prises auparavant. La mise en place d’une « alerte rouge pluie-inondation » a imposé le report de rencontres, comme cela a été le cas en décembre 2019 avec un Monaco-PSG, à cause donc des fortes intempéries qui menaçaient le Rocher.
Pour la neige, les clubs de l’Est de la France ont souvent été impactés. En janvier 2005 par exemple, un arrêté municipal d’interdiction de tous les terrains était entré en vigueur à Saint-Etienne, en raison de la neige verglacée sur la pelouse (10 cm), d’accès impraticables ou encore de la présence de congères sur la toiture du stade Geoffroy-Guichard, imposant le report du match ASSE-AC Ajaccio.
En janvier 2011, c’est notamment l’inaccessibilité du parking du stade Bollaert à Lens en raison de la neige accumulée, ainsi que dans les allées du stade, qui avait nécessité le report du match contre Caen.
Depuis la mise en place de bâches de protection contribuant à une amélioration de la préservation des conditions de jeu, les chutes de neige ont peu à peu disparu des motifs de reports de matchs depuis quelques saisons.
Idem pour le gel qui avait notamment imposé le report de Strasbourg-PSG en janvier 2005 ou encore du derby lorrain Metz-Nancy en février 2006.
Enfin, les intempéries ont également pu provoquer des inondations comme cela a été le cas au stade de la Mosson lors des mois de décembre 2002 et 2003. De quoi rendre le stade indisponible au moins pour une rencontre.
La finale de la Coupe de France
L’aménagement du calendrier des matchs de l’élite peut également être impacté par la finale de la Coupe de France. Lorsque cette dernière est placée un week-end de Ligue 1 McDonald’s, les finalistes voient leurs rencontres de championnat être reportées à une date ultérieure. Il est arrivé que la décision implique même les demi-finalistes. Comme cela a été le cas en 2011 lorsque les quatre derniers clubs en lice en Coupe de France (Angers, Nice, PSG et LOSC) ont profité d’un aménagement de leur calendrier.
La Coupe Davis de tennis
A Lille, le dernier week-end de septembre 2014 était consacré au tennis avec la finale de la Coupe Davis entre la France et la Suisse. Aménagé pour l’occasion, le stade de Pierre-Mauroy ne pouvait ainsi pas accueillir la rencontre de Ligue 1 McDonald’s du LOSC face à Evian, reportée au mois de janvier.
Les « gilets jaunes »
Lors de la saison 2018/2019, le calendrier est bouleversé pour des raisons de sécurité autour des « gilets jaunes » et de la nécessaire affectation des forces de l’ordres sur d’autres missions que celle des matchs de Ligue 1.
Les autorités locales prennent alors des mesures pour éviter d'éventuels problèmes sécuritaires. Ces manifestations ont largement impacté le bon déroulé de la Ligue 1 McDonald’s, imposant de nombreux reports de matchs.
Jusqu’à trois ou quatre matchs par journée ont parfois dû être reportés. Certains matchs à l’image du Dijon-PSG ont même été reprogrammés à deux reprises, passant du 16 décembre 2018 au 13 mars 2019, pour être finalement fixé au 12 mars.
D’autres rencontres ont seulement été décalées : Lyon-Monaco passant de 13h00 à 21h00 un dimanche.
Le G7
Un motif d’ordre international. Considérant les courriers du Ministère de l'Intérieur en juillet 2019, demandant le report puis l'aménagement de la 3e journée en raison de la tenue du G7 à Biarritz, trois rencontres de Ligue 1 McDonald’s ont été reportées (Nice-OM, MHSC-OL et LOSC-ASSE).
Le décès d’un monarque
A la suite du décès de son Altesse Sérénissime le Prince RAINIER III de Monaco (le 6 avril 2005), un deuil national avait été décrété en Principauté, entraînant l'annulation des manifestations sportives et culturelles nationales.
La Commission des Compétitions avait en conséquence décidé d'annuler la rencontre AS Monaco-Lille et de la reporter au vendredi 29 avril.
La concurrence locale
A Toulouse, les Violets font historiquement avec la concurrence locale du rugby. Ce qui a conduit le Téfécé à demander plusieurs reports de matchs. En mars et avril 2006 pour les matchs face à Metz puis Rennes, devant laisser le Stadium au Stade Toulousain.
D’autres clubs ont effectué des demandes pour décaler la date de matchs de championnat à cause du rugby. Cela est arrivé à Paris ou encore à Clermont. A Lille, cela a davantage été pour le basket féminin.
L’arrivée du Paris-Roubaix 2009 avait conduit au décalage de l’horaire du match LOSC-PSG, passant de 17h à 19h, le dimanche 12 avril.
Des événements locaux entrent dans ce qui est dénommé « concurrence locale » et conduisent la LFP à revoir la programmation d’une rencontre. Par exemple à Nice en août 2004 (match vs Bastia), où la ville a célébré le 60e anniversaire de la Libération de Nice.
Un autre type de concurrence locale a également pu intervenir, comme l’organisation de la Supercoupe de l’UEFA au Stade Louis-II. Ce qui a conduit l’AS Monaco à demander le décalage de la réception de Lens en août 2005.
Favoriser les « Européens »
L’aménagement du calendrier de la Ligue 1 McDonald’s pour favoriser les chances de qualifications des clubs français engagés en Coupes d’Europe est mise en place depuis plusieurs saisons. En 2003, le CA de la LFP avait accordé déjà le mois d'octobre le report de matchs prévus en décembre des clubs disputant la Ligue des Champions.
La Coupe d’Europe est une large source de motifs pour des demandes de reports en Ligue 1 McDonald’s. Par le passé (au début des années 2000), il est arrivé que des clubs fassent une demande compte tenu du retour tardif de leurs joueurs à la suite d’un long déplacement européen. Requêtes qui à l'époque n’avaient pas été acceptées par la Commission des Compétitions de la LFP.
22 ans plus tard, la chose est plus que jamais d'actualité. Cette saison, le CA de la LFP a publié un communiqué confirmant l’aménagement du calendrier du Paris Saint-Germain, en reportant au 22 avril la rencontre contre le FC Nantes, initialement prévue le week-end du 13 avril, soit entre les quarts aller et retour de Ligue des Champions. Et ce « dans l'optique de favoriser le parcours des clubs français en Coupes d'Europe considérant que l'amélioration de l'indice UEFA de la France demeure un objectif essentiel ».
Un motif déjà vu les saisons passées. En 2023/24, la LFP avait décidé de modifier la programmation de la 29e journée, précédant les quarts de finale aller de Coupes d’Europe. Là où les six autres matchs ont eu lieu le week-end du 13-14 avril, les rencontres entre Lorient et le PSG, Monaco et Lille se sont jouées le mercredi 24 avril à 19h, deux heures avant le match entre Marseille et Nice, également décalé.
L’Olympique de Marseille, qualifié pour les demi-finales de la Ligue Europa, avait également émis le souhait de jouer face à Reims le 15 mai, entre les deux dernières journées de championnat, alors que leur affrontement était initialement prévu le week-end du 4 et 5 mai. Le conseil d’administration de la LFP avait entendu son appel.
En 2019 aussi, l’aventure du Stade Rennais en Ligue Europa avait conduit la LFP à aménager son calendrier. Pour cela, le match Nîmes-Rennes avait été reporté, afin de permettre aux Bretons de « préparer dans les meilleures conditions possibles » leur prestigieux 8e de finale aller de Ligue Europa contre Arsenal.